Par hugo et lucas

Qui aurait pu croire qu’un si petit pays puisse nous offrir autant ? Autant de décors, autant de recettes, autant de rencontres, autant d’aventures ? Ce pays semblait plus modeste que ce que nous avions vu jusqu’alors… C’était sans compter sur Kotor, ville posée au fond d’une enclave, qui nous a surpris par sa richesse. Bâtiments en pierres sculptées, boutiques de luxe et un port prêt à accueillir de gigantesques ferrys. Mais attention ! Quelques surprises nous attendent dans les hauteurs. Nous partons à l’assaut des montagnes, où nous affronterons les redoutables et effrayantes chèvres monténégrines ! Nous arpenterons un petit chemin secondaire qui se faufile dans la montagne. Mis à part les chèvres, aucun signe de vie dans le coin. Jusqu’à… Francesco. Cet homme de soixante-dix ans habite seul, dans une grange et un terrain classé à l’UNESCO. Il nous propose un thé. Nous acceptons. Quand vous prenez le thé chez Francesco, il ne faut pas être dans l’urgence car c’est une heure trente de discussions géopolitiques dans un mélange d’anglais approximatif, de français à moitié oublié et de monténégrin que nous ne comprenons pas. Il nous sera donc difficile de vous relater les grandes idées sur les questions géopolitiques de ce monsieur. Si vous êtes curieux et que vous voulez en savoir plus, partez à sa rencontre et tentez de déchiffrer ce qu’il baragouine. Au moment de servir le thé, Francesco arbore fièrement une médaille du Général de Gaulle qui lui a été offerte, nous faisant part de l’admiration qu’il lui porte. Cette rencontre pour le moins inattendue, nous aura permis de goûter au thé d’orties. Aucune crainte de se piquer, une fois infusées les orties sont inoffensives ! 

Mais passons à la suite, qui nous amène vers Aleksandar. Rencontre un peu moins aléatoire, mais tout aussi inattendue. Alex, un ami, nous donne son contact dans le doute. Nous arrivons à l’avoir au téléphone, et sans même savoir qui nous sommes vraiment, il nous invite à passer le week-end chez sa grand-mère et son oncle, dans une autre grange. Non classée cette fois, mais infiniment plus perdue. Tellement perdue que la route qui y mène n’est plus au Monténégro, mais pas encore en Serbie. Enfin pour faire simple, on ne sait pas trop dans quel pays on est… Et lorsqu’il y a de la neige, le village est isolé du monde ; donc pour y entrer ou en sortir, c’est quarante-cinq minutes de marche minimum pour accéder à la route. Laissez-nous vous dire que les recettes que l’on a glanées là-bas nous ont valu de risquer nos vies dans le blizzard, avec les ours et les loups ! Mais comme toujours, ça valait le coup… La maison est la simplicité même. Une pièce à vivre avec un poêle, un évier, une ampoule. Deux petites pièces pour dormir, des toilettes (comble du luxe) et fin de la visite. Cette maison prend des allures de château au vu de l’accueil qui nous a été fait ; nous sommes reçus comme des rois. Tous les produits sont issus de leur ferme. Le pain, les légumes… Même la viande provient du troupeau ! C’est ce qui fait le charme de cet endroit. Et, sans doute, ce qui procure à Zorka (ou Baba : Mamie) et à Dragan leur force et leur joie de vivre, qui transpercent à travers leurs sourires et leurs regards. On ne vous cache pas qu’une fois de plus, la communication a été difficile ! Nous y resterons deux nuits. Des moments intenses, et remplis de chaleur humaine. 

De la chaleur humaine, nous en retrouverons à Sutomore. Nous y sommes accueillis par Svena, avec tout plein de charcuteries, de fromages et d’olives en guise de bienvenue, que nous dévorons sans trop nous forcer. La barrière de la langue passe alors un nouveau cap. Elle parle monténégrin, nous répondons en français, mais nous sommes malgré tout au courant des horaires de bus et de leurs tarifs. Et ensuite à Virpazar, où Marco nous ouvre les portes de son restaurant pour nous offrir le petit-déjeuner et nous conter l’histoire de son village. Cela ne fait que confirmer d’avantage la générosité, le plaisir d’accueillir et l’envie de partager des habitants du Monténégro. Un pays généreux humainement, mais pas que… Le Monténégro l’est aussi avec ses paysages. Le lac de Skadar en est l’une des plus belles preuves. Un lieu incontournable si vous êtes de passage au Monténégro !!  Cette belle aventure annonce des recettes à l’image de ce que nous avons vécu et des gens que nous avons rencontrés dans ce pays. Ça promet ! 

Cet article a 6 commentaires

  1. Enfin le retour de nos voyageurs. Ouf ! Il était temps, je viens juste de finir de digérer la friture aux choux…
    Bonne chance pour vos nouvelles aventures.
    Et la bise à baba.

  2. Merci pour ce chouette récit et les belles photos qui l’accompagnent.
    Celle de la barque « carpe diem » posée là sur son lac impeccable et dans un temps suspendu me semble tout à fait représentative de votre façon de voyager. Elle est très poétique, si je peux m’exprimer ainsi, comme vous chers troubadours.
    Au plaisir de vous lire.

  3. Merci pour ce voyage culinaire mais surtout humain. Je vous souhaite une bonne continuation et beaucoup de découvertes incroyables. …a bientôt

    1. Merci à vous Marc ! A bientôt pour de nouvelles aventures !

  4. Merci pour ce magnifique récit et ces superbes photos. Que de belles rencontres telle que Baba sans oublier les autres, quelle chaleur humaine. Bonne continuation à vous Lucas et Hugo.

  5. Très chouette site, et plurilingue ! bravo , je vous suis avec intérêt !

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