Sur les traces de l'ex-Yougoslavie

19 décembre 2017

Par hugo et lucas

Comme dans tout voyage, il y a de ces moments que l’on ne prévoit pas. Notre venue en Serbie et en Bosnie en est l’exemple parfait. Tout juste sortis de notre weekend dans les montagnes du Monténégro, notre ami Aleksandar insiste pour que nous le suivions chez lui, en Serbie, et plus exactement à Gornji Milanovac. 300 kilomètres nous séparent de sa ville natale. Pour ne pas dire qu’il nous a fallu huit heures, nous nous contenterons de dire que la route fut longue… Très longue ! En cause : la neige, les postes-frontières, les routes escarpées, les embouteillages. Comme pour passer le temps, notre ami nous fait profiter de quelques musiques locales, dont un groupe de rap serbe qui vaut le détour. Malheureusement pour vos oreilles expertes, nous n’avons pu retenir le nom de ce groupe… Et nous en sommes sincèrement navrés ! 

Aleksandar profite également de ces longues heures de route pour nous raconter brièvement l’histoire de l’ex-Yougoslavie, des querelles et des stigmates religieux, certes dissipés mais encore présents aujourd’hui. Nous passons dans une région de la Bosnie où ses habitants ont le cœur penché vers la Serbie et le revendiquent en arborant le drapeau du pays voisin partout dans les rues. Et de manière non officielle, déclarent même ce territoire « République de Serbie ». Une ville dans laquelle nous passons est scindée en deux parties, la première orthodoxe, la seconde musulmane. Les édifices religieux construits aux opposés de la ville témoignent de ce clivage. Notre ami en a fini avec les explications sur ce passage historique des plus tragique et nous remet du rap serbe pour passer à autre chose. 

Comme une délivrance, nous arrivons enfin. De la maison isolée au bout du monde, nous nous retrouvons en pleine ville, dans un appartement au sixième étage d’un immeuble rongé par le temps. Nous sommes accueillis par le sourire de la mère d’Aleksandar, qui a passé la journée à nous concocter un repas gargantuesque. Des plats vraiment bons, à découvrir dans nos recettes !

La suite, elle, est plus compliquée à raconter. Nous avons pris l’habitude d’écrire avec du second degré. Mais il faut reconnaître que les impacts de balles sur les murs à côté des boutiques de luxe, c’est assez déroutant… Alors on va se contenter d’écrire tout ça dans l’ordre, tel que l’on a vécu les choses. D’abord Belgrade. Belgrade, c’est un saut dans le passé, qui nous ramène directement au temps de la Yougoslavie. Et celle que l’on surnomme la ville blanche, nous parait plutôt grisonnante. Des bâtiments en béton, des usines en périphérie, sa vieille gare où des locomotives d’une autre époque, rongées par la rouille et sans rails sur lesquels s’évader, se laissent bouffer par le temps. Et puis, des immeubles détruits par les bombardements, témoins d’une guerre pas encore effacée, se dressent encore en plein centre. Belgrade est tout de même charmante et très agréable à visiter, avec de bonnes adresses pour boire un verre ou pour se régaler des spécialités locales. Et puis, comme un symbole fort de ce pays, il y a St Sava, la plus grande église orthodoxe d’Europe. Imposante, elle trône sur une des places de la capitale. Un lieu incontournable de la ville.

Après une fouille complète vécue au poste-frontière par Lucas, après s’être perdus au milieu des tours en périphérie de Sarajevo en pleine nuit, et après avoir emprunté un vieux tramway brinquebalant, nous nous retrouvons enfin au cœur de la capitale bosnienne. Bien qu’encore marquée par la guerre, Sarajevo paraît plus moderne que sa voisine serbe. La ville a dû se reconstruire petit à petit, les gratte-ciel, symboles du renouveau de la capitale, remplacent les bâtiments détruits par les bombes, et les impacts de balles sur les murs disparaissent petit à petit au profit des commerces qui fleurissent un peu partout. Sarajevo est une ville marquante de par sa diversité, visible dans les rues, où nous avons plaisir à marcher. Ici, les mosquées se mélangent aux églises catholiques, orthodoxes ainsi qu’aux synagogues. Une harmonie belle à voir. Toute cette diversité apporte une richesse incroyable à la ville. Sarajevo se place comme un carrefour culturel et religieux.

Le passage à Belgrade et à Sarajevo aura été un moment fort et marquant de notre voyage. Même si l’on ne peut pas passer à côté des témoignages et des cicatrices de cette guerre, nous préférons retenir les sourires sur les visages rencontrés et leur volonté de construire un futur qui ne répétera pas les bêtises du passé. 

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